Travaillez vos forces… avant vos faiblesses !

 

 

Tout manager qui se respecte s’entretient a minima une fois par an avec chacun de ses collaborateurs. Il partage d’abord les succès de ce dernier, parfois même appelés « points forts » et aborde ensuite les faiblesses pudiquement nommées « axes de progrès ». Par ce vocable, nous sous-entendons immédiatement que les forces sont définitivement acquises et que l’effort du salarié doit exclusivement porter sur ses « faiblesses ».

 

 

Et c’est là, selon moi, que le bât blesse !

Laissez-moi vous convaincre à l’aide de 3 exemples qu’il est plus efficace de miser sur ses forces, de s’améliorer petit à petit et de renoncer sur ses grosses faiblesses !

 

 

1) Je travaille mes forces : oui, oui, je les travaille et je ne me contente pas de capitaliser dessus !

 

« Allez Jean-Baptiste (… Poquelin : vous aurez reconnu Molière ), arrêtez le théâtre et apprenez donc la peinture ! »

 

Cela vous paraît absurde et c’est pourtant ce que l’on fait au quotidien avec les collaborateurs : lorsque l’on est bon en entreprise, on nous explique qu’il faut aller se mettre en difficulté sur d’autres sujets. Oui et non ! C’est effectivement parfois en sortant de sa zone de confort que la magie se produit, mais c’est aussi comme cela qu’on atteint rapidement le fameux seuil de Peter*.

Si vous excellez dans un domaine et que vous aimez ce que vous faîtes (cela va souvent de pair), continuez à vous éclater et même à développer encore vos talents !

 

 

2) Je choisis mes axes de développement : bien sûr que nous pouvons nous améliorer, mais nous ne pouvons pas mener tous les combats. Il faut de préférence choisir les axes de développement qui, avec un effort raisonnable, permettront un progrès remarquable.

 

Prenons l’exemple d’un sportif de haut niveau, et rendons hommage à Camille Lacourt qui vient de mettre fin à sa carrière mais qui demeure mon chouchou  :

 

Il s’est entraîné chaque jour inlassablement, répétant ces mêmes gestes : ceux qu’il maîtrisait parfaitement et ceux qu’il choisissait de perfectionner en les ajustant au millimètre près, tout en précision. Ce sont ces petits peaufinages qui lui ont permis de décrocher par exemple la médaille d’or au championnat du monde à Budapest, et cette technique des petits pas s’adaptent à merveille au monde de l’entreprise.

 

 

3) Je renonce parfois et j’identifie comment compenser ma faiblesse : autrement dit, je ne dépense pas une énergie monstrueuse pour une faiblesse que je n’arriverai pas à corriger.

 

Vous êtes souple comme barre à mine ? Eh bien, je vous l’affirme : même avec un travail acharné, vous ne deviendrez pas danseur étoile à l’Opéra de Paris…

 

Il est des faiblesses qui ne deviendront jamais des forces. En revanche, peut-être pouvez-vous trouver des solutions de contournement. Prenons l’exemple d’Elon Musk : aussi célèbre qu’il soit, il bégaie. Qu’à cela ne tienne, il intervient très régulièrement en public ! Comment fait-il ? Il assume sa « faiblesse » et il compense par des messages forts mis en scène habilement.

 

Charge à nous de trouver également comment compenser, en vous entourant par exemple de personnes aux qualités complémentaires dans les équipes !

 

Pour conclure, appliquons à nous-même cette citation de Marc-Aurèle :

« Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé et le courage de changer ce qui peut l'être, mais aussi la sagesse de distinguer l'un de l'autre. »

 

 

*principe de Peter (appelé parfois « syndrome de la promotion Focus ») selon lequel tout salarié compétent dans son poste est promu pour laisser la place à un incompétent, ceci jusqu’à ce qu’il devienne lui-même incompétent dans le poste confié (et qu’il y reste).

 

 

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